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Matthieu Misiraca

La Sagesse du Chef opérateur

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Matthieu Misiraca
La Sagesse du Chef opérateur

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Il y a en Louisiane une sorte d’autoroute qui traverse sur pilotis le lac Ponchartrain, plus de quarante kilomètres en ligne droite au-dessus de l’eau. Tôt le matin, tard le soir, c’est une destination aller et retour, vers un lieu de tournage ; trente minutes à cent à l’heure. Et la première question du jour se pose en regardant la lumière et le ciel se reflétant sur l’eau, de chaque côté de la voie, « comment, de quelle manière, filmer ce paysage ? Où mettre la caméra, quel mouvement lui donner, où placer le point de fuite, la ligne d’horizon, quel filtre, quel objectif utiliser ? Comment décrire ce qu’on ne peut encore voir, comme la rive opposée cachée par l’arc de la terre, et qui fait que ce pont sur l’eau s’étire à l’infini ? ».
Toutes ces questions sont étrangères au film que l’on tourne, à la journée de travail qui commence, mais font partie d’une pratique quotidienne, souterraine et semi-consciente, pratique d’un « rendre compte » des impressions fugitives laissées par autant d’événements que sont ces bribes de paysages perçues en chemin. Exercice qui consiste à voir les choses à l’intérieur d’un rectangle, à évaluer des contras­tes, des rapports de couleur, des accords et des ruptures.

Un chef opérateur, tout au long de sa carrière, se constitue une banque d’images : la lumière de l’aube et celle du crépuscule, le soleil de midi qui écrase tout, les ombres qui s’allongent le soir, une chambre éclairée par une bougie, des tubes fluorescents au plafond d’un bureau, un visage dans la pénombre, ou les reflets dans l’eau du lac qui semble ne pas avoir de fin. Grâce à elles, il va pouvoir, non seulement recréer sur la pellicule un réel (ou son faire-semblant), mais également comprendre, analyser, déconstruire et reconstruire ce qui se présente à ses yeux.
Avant tout, le chef opérateur est un archiviste.

http://www.jcbehareditions.com/f/index.php?sp=liv&livre_id=64

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José Gerel

A commander en urgence, merci Matt et bon we

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Max Roy

S' il en était des chefs opérateurs comme des cuisiniers, je dirais " Merci chef!" en observant une étoile de plus dans les cieux!

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Nabil Mechkal

merci Matt de partager avec nous cet ouvrage, de plus Philippe Rousselot travaillant avec Nestor Almendros: Un régal !! lBRAVO :goodjob:

Modifié par Nabil Mechkal

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Patrick Lanza

Merci Matthieu pour cette info, je viens de le commander, le savoir à ce prix est un cadeau.

Cette façon de voir, me rappelle celle de Luc Lafortune, éclairagiste du Cirque du Soleil qui se "nourrit" de diverses images avant de faire son éclairage. Conférence passionnante lors du Siel à la Villette début 2013.

Son site :http://www.luclafortune.com/

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Samuel Guillemot

merci pour ce teaser appétissant;-)

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Hugo Bachelet

Reçu la semaine dernière, et lu dans la foulée.

Très belle réflexion de Mr Rousselot sur le métier de chef opérateur... Cet homme a la carrière qu'il mérite. Et ses mots empreints de sensibilité et de sagesse donnent au livre le titre qu'il mérite.

Un essai de référence à lire absolument quand on s'intéresse de près ou de loin à ce métier.

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Roger Canto

C'est un livre que nous devrions tous avoir dans notre bibliothèque.

Une merveille !

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Bruno Boucard

J’avais noté la référence « la sagesse du chef opérateur » sur un post-it au premier message de Matthieu, je l’ai finalement commandé il y a un mois ou deux. Le livre était resté dans mon bureau, comme une liste de choses à faire le temps d’une accalmie. Cette nuit ayant du mal à dormir, je revois le livre posé, j’allais chercher et le commençais. Au réveil, berçé par le récit, j’étais en compagnie de Philippe Rousselot. Une compagnie délicate et bien faisante, ne jugeant pas ma modeste entreprise commerciale de réalisateur indépendant, mes errements, mes copies, mes petits succès. Les personnes qui font bien leur travail dégagent une sérénité, même si c’est paradoxalement en remettant sans cesse en cause leur point de vue qu’elles atteignent cette forme cohérente à nos yeux. Ils acceptent l’inaccessibilité d’autrui, tout en s’en remettant à des activités collectives pour essayer de vivre ensemble. Ainsi, le rôle de chef opérateur sied parfaitement à Rousselot, à se demander qui de l’œuf ou la poule était là en premier. Sa curiosité est sûrement le point de départ, sa curiosité à être soi, à comprendre les autres. Il nous dit : « il faut comprendre l’expression d’un réalisateur, non pas la forme mais l’intention ». Le chef opérateur rend compte de l’intention du réalisateur à travers un rectangle plus ou moins lumineux, comme le décorateur ou les acteurs y participent à leur manière. Mais le film est une intention qui ne réalisera pas, nous suggère Rousselot. Le monde est complexe, bien sûr. Cartier Bresson nous dit un appareil à la main : « posez vous la question de quoi s’agit-il ? ». On ressent ça fort dans ce livre de Philippe Rousselot, il essaie avec enthousiasme et humilité de comprendre de quoi il s’agit, d’être le spectateur idéal du film pour lequel il opère.

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